Laser Ultra by Kinepolis : L’alliance de l’image Barco et du son Dolby

DSC_3284

Souvent, les sphères du home-cinéma et du cinéma se regardent l’une l’autre, se comparent, se critiquent, mais évoluent ensemble. Ces dernières années, les avancées technologiques sont généralement apparues d’abord au cinéma avant d’être adaptées au home-cinéma. Aujourd’hui, c’est l’image laser 4K et l’Atmos qui font figure de proue du cinéma, et nous, home-cinéphile, lorgnons avec impatience sur ces technologies.

L’équipe de Kinepolis, groupe européen exploitant de salles de cinémas nous a proposé de découvrir leur toute nouvelle installation technique, le Laser Ultra, combinaisons du savoir-faire de Barco pour l’image avec un projecteur laser 4K & de Dolby pour le son avec l’Atmos. L’occasion pour nous de faire le parallèle entre nos deux univers et apprécier les efforts consentis par Kinepolis pour proposer en permanence à ses spectateurs une meilleure expérience du Cinéma.

Kinepolis et les évolutions technologiques du Cinéma

10ed7b02-6409-11e3-bac1-21aad601d24a_web_scale_0.2901354_0.2901354__

Kinepolis Bruxelles

Né en Belgique, Kinepolis Group a toujours été à la pointe des technologies du Cinéma, souhaitant offrir une qualité de service maximale, tant sur l’accueil et le confort que la qualité de l’image et du son. Sur ce dernier point, Kinepolis a toujours massivement investi dans du matériel dernier cri, quitte à être précurseur.

Tout commence en 1989, où le premier Kinepolis voit le jour à Bruxelles, le plus grand complexe européen de l’époque. Et qui de mieux pour en parler que le maitre à penser de ces évolutions, Bob Claeys, Directeur Recherche et Développement du groupe. Ce passionné de cinéma et de technologies œuvre depuis longtemps pour offrir aux spectateurs de Kinepolis les conditions idéales pour voir leur film.

La technologie a évolué dans le temps : enceintes bi-amplifiées, mur THX, certification THX de l’ensemble des salles, petites comme grandes. A l’époque, le 35mm domine et le 70mm représente la plus belle définition de l’époque. Forcément, la pellicule a ses défauts : vibration, dégradation dans le temps, difficulté à manier la bobine, etc… Le son a beaucoup évolué à la fin des années 80 avec l’arrivée du son multicanal 5.1 numérique. Plusieurs supports sont disponibles : CD, impression sur pellicule, SDDS, etc… En parallèle, Kinepolis disposait alors de l’ensemble de ces technologies, via le « sapin de noël » comme l’appelle les projectionnistes d’alors, c’est-à-dire un ensemble de têtes de lecture attenant au projecteur et offrant ainsi le support de toutes les configurations.

Historiquement, Kinepolis gère en interne l’installation et la maintenance de ses salles de cinéma, créant ainsi des liens particuliers avec les constructeurs, faisant souvent office de « beta-testeur ». Ainsi, à la fin des années 90, le cinéma numérique arrive, avec le DLP développé par Texas Instrument, spécialiste des puces électroniques. Kinepolis a réussi à disposer de deux des trente premiers projecteurs numériques dès leur lancement.

La 3D est ensuite arrivé, ou plutôt revenue, mais cette fois-ci en numérique. En effet, avec la 3D analogique, les spectateurs avaient souvent tendance à avoir des maux de tête et a donc rapidement été abandonnée. Le numérique a quant à lui offert la possibilité aux réalisateurs de proposer à nouveau des films tridimensionnels, les soucis techniques étant mieux maitrisés.

Au début des années 2010, une nouvelle technologie du son voit le jour : le Dolby Atmos. Une véritable révolution pour le cinéma, qui permet une immersion totale avec 64 enceintes dont une partie se situe au plafond. Le mixage est réalisé par objets, placés dans un espace 3D (x, y, z). Nous reviendrons sur cet aspect en détail lors d’un prochain article dédié au mixage en Atmos.

Enfin, le HFR (High Frame Rate) est arrivé avec le premier Hobbit, consistant à augmenter le taux d’image par secondes des films. Alors que la norme est fixée à 24 images/secondes, considérée comme « le langage d’un film », il y a quelques défauts à cette limitation notamment sur les travelings qui sont souvent flous. Peter Jackon a souhaité tourner sa nouvelle trilogie en Terre du Milieu en 3D 48i/s. Chacun reste juge de la pertinence technique de la chose. Mais quoi qu’il en soit, proposer aux spectateurs de diffuser l’œuvre telle qu’elle a été pensée par le réalisateur est une chose importante pour Kinepolis. Le choix est de toute manière laissé aux spectateurs de voir le film en version 3D HFR ou 24i/s classique ou même en 2D classique. Kinepolis s’est donc équipé en projecteur capable de diffuser un tel signal.

Mais de nouvelles évolutions sont arrivées, notamment la projection laser. Et Kinepolis a été le premier à investir dans cette nouvelle technologie.

Laser Ultra By Kinepolis : l’alliance de l’image Barco avec le son Dolby

DSC_3295

Pour ses projecteurs numériques cinéma, Kinepolis a signé un partenariat exclusif avec Barco. Ce partenariat a poussé le groupe à équiper quatre de ses cinémas du tout nouveau projecteur laser 4K de chez Barco, le DP4K-60L, remplaçant les projecteurs à ampoule xénon. Une première mondiale !

Le xénon a fait son temps. En effet, la durée de vie de la lampe est limitée à 500 heures, perdant progressivement son intensité lumineuse et nécessitant un calibrage régulier afin de maintenir une image qualitative. L’arrivée du laser révolutionne la maintenance des projecteurs cinéma puisque la lampe a une durée de vie de 30 000 heures et surtout n’a pas besoin d’être re-calibrée de manière régulière, offrant un éclairage plus puissant et uniforme, améliorant le contraste, la colorimétrie via un color gamut allant jusqu’au 6P.

DSC_3316

Ce projecteur est également le seul capable de diffuser un film en 3D d’une résolution 4K. Ses capacités seront même amenées à évoluer pour pouvoir diffuser des productions en 4K à 60Hz en 3D (soit 120 Hz).

Au cœur de cette stratégie technologique, Kinepolis fait un pari sur l’avenir main dans la main avec Barco et Dolby. Et ce pari a un cout, environ 250 000€ d’investissement pour chaque salle équipée du Laser Ultra rien qu’en matériel. Et même si en Europe, 19 commandes fermes du fameux projecteur Barco DP4K-60L sont signées, aucun exploitant français hormis Kinepolis n’a pour le moment franchis le pas du laser.

DSC_3317

Et c’est bien regrettable parce qu’une telle technologie a des avantages considérables, que ce soit pour les exploitants, eu égard au cout de maintenance largement rabaissé grâce à la très longue durée de vie du laser, mais également pour le spectateur qui est assuré d’avoir une image calibrée de qualité de manière constante.

A la recherche de la salle cinéma parfaite

DSC_3286

Comme l’aime à le dire Bob Claeys, la construction d’une salle part d’une feuille blanche. On choisi la taille de l’écran qui va ainsi déterminer les proportions de la salle. Celui-ci va toujours de mur à mur au format cinémascope. Les gradins sont exagérés afin d’améliorer la visions des spectateurs, peu importe leur taille. Les fauteuils doubles accoudoirs équipent l’ensemble des salles. La ventilation s’adapte au nombre de spectateurs dans la salle avec des conduites de climatisation surdimensionnées pour la rendre inaudible. L’acoustique est particulièrement travaillée.

Et on peut dire que la salle 14 de Kinepolis Lomme, d’une capacité de 700 places le tout équipé de la technologie Laser Ultra, offre une prestation de haut vol. Les sièges sont confortables et spacieux, avec suffisamment de place pour ses jambes.

DSC_3330

La toile perforée de 24m de base

L’écran courbe cinémascope de 24m de base (et donc de 10m de haut) est une toile 3D Monster Cinema argent perforée, cachant la scène audio frontale (les canaux gauche, centre, droit et deux caissons de grave). Les 60 enceintes restantes sont réparties sur la gauche, l’arrière, la droite et le plafond. Reste deux caissons situés dans les angles arrières gauche et arrière droit. Ici, ce sont des enceintes QSC qui ont été utilisées.

Pour alimenter tout ce beau monde, le rack audio comporte 23 amplis QSC multicanaux, gérés par le processeur Dolby Atmos CP850.

DSC_3333

Le rack son avec amplis QSC et processeur Atmos Dolby CP850 pour alimenter les 64 enceintes et 4 caissons

Côté image, deux projecteurs sont en place en cabine : le Barco DP2K-32 qui équipait jusqu’alors la salle, et le Barco DP4K-60L (« L » pour laser) tout fraichement installé avec un système de refroidissement par climatisation imposant.

Tout est géré par le projecteur qui embarque le serveur DCI et sur lequel on branche le disque dur contenant le film. Pour vous donner un ordre d’idée, le Hobbit en HFR 3D 4K Atmos pèse près de 400 Go.

DSC_3334

A droite, le projecteur Barco DP2K-32 qui équipait la salle 14 jusqu’à présent, et à gauche, le nouveau projecteur laser Barco DP4K-60L

Le processeur Dolby Atmos reçoit les informations envoyées depuis le projecteur via un simple câble Ethernet. Mais ne vous leurrez pas, la complexité informatique de la chose est particulièrement élevée. D’ailleurs, les cinq projectionnistes de Kinepolis Lomme qui gèrent les 23 salles ont tous des profils d’informaticiens.

Particularité chez Kinepolis, il n’y a pas une cabine de projection par salle. C’est un long couloir dans lequel se trouve tous les projecteurs et armoires son qui desservent l’ensemble des salles. Pour la petite anecdote, il reste les vestiges de l’utilisation de projecteurs à pellicule au plafond du dit couloir, les crochets servant à supporter les bobines n’ayant pas encore été démontés.

A noter enfin que le prix d’une séance en salle 14 de Kinepolis Lomme, en 3D Laser Ultra est forcément en rapport avec la prestation proposée, soit 15€ la séance (tarif plein). Un prix certes élevé, mais qui se justifie par l’investissement conséquent qu’a réalisé Kinepolis pour équiper sa salle.

La bataille cinéma / home-cinéma qui n’en est pas une

DSC_3321

Ces différentes technologies (Atmos et Laser) vont peu à peu être transposées au home-cinéma, avec déjà la disponibilité chez Epson de vidéoprojecteurs laser, que nous avons pu approcher lors du Salon du Luxembourg. Quant à l’Atmos, il arrive doucement mais surement dans nos salles. Vous avez d’ailleurs pu découvrir nos premières impressions sur le sujet dans notre test de l’Onkyo 5530.

A la question « comment appréhendez-vous la concurrence qui est faite par les systèmes home-cinéma qui sont de plus en plus perfectionnés chez le particulier ? », Eric Meyniel, International Content Director de Kinepolis Group nous répond : « Il faut faire une différence par rapport à la technologie : le 4K, le son Atmos, le HFR. Vous pouvez chez vous être à la pointe du savoir et de la technologie et vous avez la possibilité d’installer votre salon de cette manière, mais très franchement, rien ne remplacera jamais le fait d’être au milieu de cette salle, au milieu de 700 inconnus, avec quelqu’un qui nous est proche, et de vivre une histoire sur 24m de base, parce que même si vous habitez le château de Versailles, vous n’aurez jamais un écran comme ça, vous n’aurez jamais 64 enceintes dans votre salle et vous ne vibrerez jamais de la même façon. Donc oui il y a un avenir dans le cinéma, on y croit plus que tout à Kinepolis et c’est pour ça qu’on fait ce pari et c’est nuits blanches pour installer de nouvelles technologies et d’essayer de faire découvrir une autre façon de vivre le cinéma. »

En conclusion, nous pouvons dire que Cinéma et Home-cinéma sont deux univers distincts, qui cohabitent l’un à côté de l’autre, mais surtout qui s’inspirent l’un de l’autre. Le cinéma a permis l’émergence du home-cinéma, et ce dernier a poussé les exploitants à améliorer la qualité de leurs salles, permettant aujourd’hui aux cinémas d’avoir un temps d’avance technologique. Une course qui permet à l’un comme à l’autre de pousser les cinéastes à proposer de nouvelles choses. Et bien que certains regrettent le bon vieux temps de la pellicule, il faut se réjouir de la montée en puissance qualitative des productions cinématographique, car en l’espèce, le fond ne va jamais sans la forme.

Place à la démonstration…

GRAVITY

Forcément, la présentation de ces nouvelles technologies ne peut s’apprécier que par une démonstration. Nous avons donc eu droit à deux séquences en 4K, l’une à 24i/s et l’autre à 60i/s, puis nous avons eu droit aux démos Dolby Atmos. Enfin, il nous a été proposé Gravity en 4K, 3D et Atmos VO. Nos impressions sont à lire sur la page suivante…

Laisser un commentaire